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Un premier pas vers le Directeur de Gryffondor

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Stephen Enjolras
Curly One Gryffondor
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Mer 11 Jan - 0:04
La journée s'était vraiment mal déroulée ce coup-ci, et cela continuait de mal en pis. Enjolras n'était pas connu pour sa patience, mais plutôt pour son tempérament fougueux qui avait tendance à vite s'emporter. Et cela n'avait pas manqué. Il avait été renvoyé d'un cours, rien que cela. Pour une raison des plus injustifiées de son point de vue !

C'était pendant l'heure de Potions. Une matière qu'affectionnait très particulièrement le blond, tout comme il appréciait son dispensateur à sa très juste valeur. C'est vrai que le premier contact établi n'avait pas été des plus fructueux, et Rogue avait tout de suite cerné le Français comme d'un élève dont il fallait se méfier. Le Gryffondor se doutait bien d'être dans le collimateur du professeur, mais ce n'était pas cela qui l'avait empêché d'aider le binôme juste derrière. Ils avaient l'air encore plus paumé que Stephen, alors ce-dernier avait tenté de leur expliquer. Mais Rogue dut prendre cela comme du bavardage et inattention, toujours avec son parlé bien particulier. Oui, celui qui avait le don de sortir le jeune homme de ses gonds. Rabaisser les plus faibles et se montrer impartial, voilà ce que subissait en permanence la classe. Mais cette fois-ci était celle de trop.

Cela avait d'abord commencé par une justification puis une argumentation, mais lorsque le professeur lui avait sèchement coupé la parole pour le rappeler à l'ordre, l'homme aux yeux bleus s'était levé, mécontent de se faire opprimer tel quel. Cet action rebelle avait tout de suite été sanctionnée évidemment. Un bon sermon de plusieurs minutes, et voilà qu'un de ses camarades l’amenait chez le directeur de la Maison du Lion. Punition bien sévère que ne comprenait pas le sorcier, qui commençait vraiment à partir en vrille. Tout ce qu'il avait fait était d'aider des camarades en difficulté, vu que apparemment le professeur était trop occupé pour le faire. Cet acte était louable, et non pas quelque chose de condamnable. Mais c'était l'autorité et le statut qui primaient dans la salle, et non pas l'égalité et le débat.

Heureusement un préfet de Gryffondor se chargea de guider le turbulent vers sa destination, soulageant l'élève quelque peu effrayé. Là encore, Enjolras dut se taire pour ne pas aggraver la situation. Le plus vieux avait menacé le retrait de points de Maison, et pouvait toujours en parler avec le plus haut gradé des Lions d'Or. La Liberté était bien lointaine pour le descendant de véritable révolutionnaire.

Parfois, Stephen rêverait de faire comme ses ancêtres, mais cela était bonnement impossible. Le contexte d'abord, le respect, la tolérance, les droits se sont élargis et propagés avec le temps. Et à part quelques personnes vraiment rêches, on avait plus affaire à des bourgeois ou des monarques, loin de là. Il fallait tout de même garder un système de hiérarchie pour éviter le chaos. Mais pour le Français ce n'était pas là une raison pour abuser de ses pouvoirs, au contraire.

Les mieux placés devraient aider les plus démunis, dans un soucis d'égalité et de vivre-ensemble. Et même si ce n'était pas vraiment le cas à Poudlard, il y avait des exceptions intolérables. Oui, peut-être que le blond était un fervent partisan d'une société où les écarts seraient réduits davantage, peut-être un peu trop extrémiste sur son altruisme, mais il s'assumait ainsi. Il en était fier et ne changerait pour rien au monde, même si le sorcier croyait en une utopie et qu'il en était conscient.

Son cerveau tournait à plein régime, un air satisfait flottait sur son visage. Stephen ne regrettait pas ce qu'il venait de faire, même si cela était immature et irrespectueux. A l'instant présent son esprit brûlait d'une flamme intense et inaccessible. Il savait qu'il avait été trop loin, mais bon Dieu ce que cela faisait du bien ! Ne restait plus à présent que de limiter la casse avec le Directeur des Lions. A vrai dire, le jeune homme ne savait même pas qui était-ce. Ou sûrement que si, mais il avait oublié. Sa tension redescendait lentement tandis que le troisième année calmait ses ardeurs. Il aurait besoin de toutes ses capacités et de ton son raisonnement pour essayer de se sortir au mieux de ce pétrin. Cette journée avait été assez marquante ainsi, pas besoin d'en rajouter.

Finalement, les deux hommes arrivèrent devant le fameux bureau. Le préfet frappa à la porte et annonça sa venue. Il attendit qu'on lui répondit avant d'entrer dans la salle, faisant signe au sanctionné de le suivre. C'était la première fois que Stephen y mettait les pieds, aussi prit-il le temps de détailler la pièce.

Des étagères composées de bouquins et d'objets en tout genre tapissaient les murs, alors qu'une gigantesque banderole à l'effigie de l'animal de la Maison prenait un pan du bureau à lui tout seul. Il y avait forcément l'espace de travail du Directeur au fond, juste avant une grande fenêtre translucide. Des fauteuils et une table basse trônaient non loin d'un feu de cheminé, rendant l'endroit plutôt accueillant et convivial lorsqu'on ne connaissait pas la nature de la pièce. Et enfin, chose remarquable, un aquarium avec un petit poisson reposait dans un coin de la salle. C'était plutôt étonnant de voir ce genre de décoration pour quelqu'un qui dirigeait l'une des quatre Maisons de Poudlard, mais Enjolras n'avait en réalité aucune idée, à savoir si c'était logique ou non.

Le préfet prit alors la parole de manière solennelle, accomplissant son devoir. Il s'adressa à un siège axé en direction de l'extérieur, mais le Directeur était bel et bien là, assis tranquillement.

« Monsieur le Directeur, je vous amène ici un élève perturbateur de cours. Son cas aurait été plusieurs fois recensé lors des heures de Création de Potions et Elixirs. Cette fois-ci, le professeur l'a renvoyé de son cours pour cause d'irrespect et d'insubordination. Ce jeune homme aurait même commencé à tenir tête à M. Rogue. Il attend de vous que vous rendiez une sentence exemplaire. »

Puis l'homme attendit la réponse de son interlocuteur. Stephen, qui restait debout juste à côté, savait qu'il s'agissait de l'entière vérité. A dire vrai il ne s'en cachait pas. Mais tout de même ! Etait-ce là le prix que devait payer quelqu'un voulant aider un autre, quelqu'un faisant preuve d'altruisme ? Si le sorcier allait accepter la punition, le goût amère de cette réaction lui resta en travers la gorge. Il ne savait plus trop quoi penser.

Soudainement, le siège derrière le bureau se retourna lentement, présentant un homme d'un quarantaine d'années, au regard bienveillant mais ferme. Enjolras le reconnut comme étant son professeur de Métamorphose, mais n'ayant pas eu beaucoup de cours avec pour le moment, le blond n'arrivait tout simplement pas à remettre un nom dessus. Perturbé et légèrement honteux, le Français se contenta de fuir le regard de l'homme, en espérant que tout ce passerait relativement bien...

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Mer 11 Jan - 12:12
Lesath était affairé à terminer la préparation de son Philtre de Paix. Il fit tourner plusieurs fois le mélange dans son chaudron à l'aide sa baguette magique puis regarda avec concentration le mélange prendre une couleur bleu pâle. C'était parfait. Il sortit une grande flasque sombre et la remplit en entier. Il la laissa refroidir puis, d'un geste lent et précis, il porta le Philtre à ses lèvres. Aussitôt, le tourment, la tristesse, la mélancolie, et la colère qu'il ressentait sembla se dissiper. Il crispa ses mains contre son bureau, laissant cette sensation envahir son corps et surtout son âme. C'est alors qu'une petite voix couinante résonna dans la pièce. Cataplasm, son Elfe de maison le regardait avec un mélange de pitié et de regrets. Il regarda l'elfe pendant qu'il parlait, ses larmes étaient en train de sécher. Il n'avait plus mal. Mais pour combien de temps?

- Cataplasm a tout essayé Monsieur. Le Philtre de Paix semble la seule chose efficace qui semble le soulager. Cataplasm pense d'ailleurs que le maître se fait beaucoup de soucis pour le passé, que son regard ne devrait pas être porté vers le passé, mais vers l'avenir...


Lesath continua de fixer l'Elfe de maison en silence. Si ça avait été son père à sa place, il aurait alors hurler sur l'être au petit ventre rond, il le savait. Mais Cataplasm savait aussi qu'il pouvait parler à Lesath comme un ami, plutôt que comme son esclavagiste. Il n'avait absolument pas de colère dans ses yeux. Au contraire, lorsqu'il parla, ce fut avec une voix pleine de respect.

- Je t'ai déjà dit que tu pouvais m'appeler par mon prénom, Cataplasm... Mais tu as parfaitement raison... Mais je ne sais pas... Quelque chose m'empêche d'avancer. Il n'y a pas d'horizon plus incertain que celui qui s'annonce, et j'ai mal... Elle me manque terriblement tu sais.

Il l'observa avec une profonde douleur dans le regard. Pourquoi était-il à Gryffondor? Et Directeur par la même occasion? Il doutait terriblement du choix du vieux chapeau présent dans le bureau du Directeur de l'école... Il était rare qu'il se trompe. Mais de quoi avait-il peur? De lui même? Du passé? De l'avenir?
Mais il n'eut pas le temps d'aller plus loin dans ses réflexions. Quelqu'un frappa à la porte, et Lesath remercia le ciel de lui avoir donné un elfe aussi efficace. A peine le premier coup avait retenti que sa petite main s'était refermé sur le chaudron. Il y eut un crac sonore et l'elfe ainsi que le récipient disparurent instantanément. Lesath s'assit derrière son bureau, et orienta son siège vers l'extérieur. C'était surement un élève. Il devait paraître impassible, et personne ne devait se douter qu'il était devenu dépendant au Philtre de Paix. Les effets de la potion s'activant dans son organisme, c'est avec une voix douce, paisible, mais ferme qu'il déclara.

« Entrez. »


Il entendit la porte s'ouvrir, mais ne bougea pas. Il faisait encore jour dehors, et il observa le parc en silence. Il reconnut la voix de Jankins, un préfet aux allures pompeuses, très respectueux des règlements et du protocole de l'école. Un choix judicieux pour être préfet. Judicieux car il obéissait à la hiérarchie au doigt et à l'oeil, ce qui ne révélait pas en lui une profonde intelligence, mais il était sympathique.
Il pivota alors sur son fauteuil, ses doigts se touchant, observant les deux nouveaux élèves face à lui. Il avait un visage dur, qui ne trahissait aucune émotion ou signe d'une désormais, quelconque faiblesse. Il observa avec intensité le nouveau venu, qui était ici pour la première fois. Il y avait quelque chose de puissant qui émanait de lui. Une puissance cachée, un courage prêt à bondir à la moindre occasion. Il remarqua alors la cocarde à sa poitrine. Symbole de la République Française, elle avait autrefois était verte, pour signifier l'espoir de ce peuple opprimé. Sa crinière était également semblable à celle d'un lion, et son regard acide, signe des gens entiers débordaient d'un sentiment d'injustice palpable. Il n'aimait pas vraiment que ses élèves souffrent, et ceux d'une quelconque manière. Aussi, lorsqu'il reprit la parole, sa voix était douce et apaisante :

« Merci Mr. Jankins. Dites au Professeur Rogue qu'il peut me faire confiance pour lui donner une sentence, qui je l'espère sera exemplaire. Les élèves de ma maison doivent être exemplaire... Comme vous Jankins ! »

Il regarda le préfet bomber le torse de fierté. Il l'observa d'un air pétillant de malice, ses doigts toujours joints devant lui.

« C'est pourquoi vous pouvez retourner auprès du Professeur Rogue, oh, et j'oubliais, j'attends toujours votre devoir de Métamorphose sur les Animagi... »

Il regarda avec un amusement relatif le Préfet se dégonfler, marmonner qu'il l'aurait prochainement, et repartir beaucoup plus penaud que lors de son entrée fracassante. Lorsqu'il eut fermé la porte, il laissa planer un silence pesant. Il finit par se lever et se dirigea vers la fenêtre. Son regard se porta sur l'ensemble du parc, puis s'arrêta sur le terrain de Quidditch. Quelques minutes passèrent, puis il pivota à nouveau pour faire face au Gryffondor. Son visage n'était pas visible en raison du contre-jour, lorsqu'il déclara :

« Et bien Mr. Enjolras, maintenant que j'ai entendu la parole rapportée par votre camarade, je pense que... Comment dit-on déjà? Ah, oui, la parole est à la Défense! »

Puis d'un mouvement vif, il retourna s'asseoir à son bureau. Cet épisode, ainsi que le Philtre de Paix avait chassé totalement les idées néfastes qui le tourmentaient. Il regarda l'élève face à lui d'un oeil attentif et perçant.


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Stephen Enjolras
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Lun 23 Jan - 22:27
Si avant d'entrer dans le bureau Enjolras fanfaronnait et se débattait à tout va, réclamant son injustice notable, une fois à l'intérieur de la pièce tant redoutée par les élèves, le jeune homme sentit soudainement toute sa fougue le quitter. En face de lui, son directeur de Maison, auquel il avait un mal fou à replacer un nom dessus. Mais nul doute que ce-dernier avait eu vent de ce Gryffondor aux allures fières et vaillantes, bien que trop téméraires parfois. Nul doute que le professeur n'allait pas se gêner pour réprimander et punir ce petit garnement qui prenait un peu trop ses aises dans l'école de Poudlard. Après tout, qui étais Stephen pour pouvoir prétendre tenir tête à Monsieur Rogue ? Un simple élève, rien de plus. Un simple élève qui devait retourner dans le droit chemin. Du moins, c'est ce que pensait le jeune blond, appréhendant déjà la sentence prochainement prononcée. L'homme de la quarantaine avait l'air si sérieux, voire même dur, qu'il n'y avait aucune échappatoire. Aucun espoir.

Le Français aimait bien être regardé en général. Cela lui donnait l'impression de faire quelque chose d'utile à la communauté. Hors dans ce cas, il ne s'agissait là que d'une seule personne -vu que Jankins, Enjolras connaissait enfin son nom, paradait fièrement en attente d'ordre-, qui même plus que d'observer, s'adonnait à une expertise complète et détaillée du jeune étudiant. Avec ce visage si calme et perçant, cela pouvait en déranger plus d'un. Le jeune Lion ne fit pas exception, même si il faisait de son mieux pour dissimuler un malaise grandissant. Il se rendit soudainement compte à quel point il était loin le temps où il se faisait traîné dans les couloirs par le préfet. Quelque peu embarrassant certes, mais beaucoup, beaucoup moins impressionnant. Le professeur de Métamorphose dégageait une aura puissante et intimidante à première vue. Il ne fallait pas être un génie pour déduire que cet homme brave avait de l'expérience et dû en voir des belles dans sa vie. Cette vision inspira légèrement confiance au délinquant, qui se sentait un peu plus apte à faire face à sa destinée. C'était ce genre d'humain que Stephen admirait, ceux qui ressortent plus forts de ce que la Vie a pu leur offrir. Ceux qui ne baissaient pas les bras, ceux qui se battaient contre l'adversité, c'était de ce genre là que voulait devenir le blond, même si il restait encore énormément de progrès à faire.

Le Français attendait donc que l'un de ses supérieurs fasse le premier pas. Il n'avait aucun droit ici, de s'exprimer ou de s'installer, tant que l'on ne lui aurait pas autorisé. Ce côté un peu docile, Enjolras l'héritait de son enfance. Mais préférant éclipser ces souvenirs un peu sombres, le blondinet préférait parler de respect et d'honneur. Il n'avait pas été éduqué dans les grandes écoles ni dans la noblesse, mais c'était ce qui renforçait le coeur doré du jeune homme. L'égalité avant tout, c'était un peu comme son slogan, sa devise, son utopie. Oui, cela sonnait parfois un peu trop rêveur, mais le Gryffondor était un idéaliste dans l'âme. Croire à quelque chose, aussi irréalisable puisse-t-elle paraître, voilà une motivation qui forçait le bel Apollon à se lever le matin. Bon, aussi parce qu'il y avait les cours immédiatement, mais cela faisait moins reluisant d'un coup. Par conséquent, certaines personnes le trouvaient trop naïf. Mais Stephen aimait se penser naïf plutôt que cynique. Il aimait voir le verre à moitié plein, il aimait voir le bon côté des choses, il aimait se proclamer être du côté des plus négligés à l'inverse des plus négligents. Stephen était tout simplement optimiste et prêt à l'assumer, tout comme il était prêt à assumer la conséquences de ses actions.

Les yeux intenses du directeur de Maison terminèrent l'analyse du corps inconnu. Son expression se mua soudainement en quelque chose de plus serein, plus amical. Enjolras aurait pu prendre ceci pour une invitation à se relaxer, mais encore l'élève restait un peu tendu, toutefois fier. Le plus haut gradé des trois hommes congédia son subalterne, remerciant celui-ci pour ses qualités d'actions, mais non sans remuer un sujet douloureux, à savoir un certain devoir dans une certaine matière. Jankins avait beau resplendi à l'entente des compliments, son visage se décolora rapidement au fil que la phrase s'achevait. Le professeur avait à présent une mine amusée en voyant l'expression frustré du préfet, tout comme le blond lâcha un faible sourire. Au contraire de son collègue Gryffondor, Enjolras ne recherchait pas la reconnaissance ou la gloire lorsqu'il accomplissait quelque chose d'important. C'était justement une attitude qu'il tenait en horreur, étant largement plus humble que cela. Du moment où l'on lui accordait sa confiance, le Français était prêt à tout pour guider et satisfaire les besoins des plus malheureux. Les yeux glacés de l'étudiant devait refléter cette flamme ardente, car le maître de la Métamorphose lui accorda un regard intéressé. Décidément, cette personne toute en contraste attirait l'oeil. Il s'agissait d'Enjolras, tout simplement.

Jankins finit tout de même par quitter la pièce, non sans un grognement, laissant le pauvre élève aux mains croisées de l'une des personnes les plus puissantes de Poudlard. En temps normal, le Français détestait émettre un jugement sur une personne qu'il ne connaissait que de vue. Mais étant en mauvaise posture, le fervent amoureux du pays de Marianne comptait bien à en découdre et à se défendre. Du moins, c'était ce qu'il espérait. En réalité, Stephen croyait à tout autre chose. Encore quelqu'un qui va abuser de sa notoriété pour punir une infraction qui n'en est pas une. Comme beaucoup de professeurs, celui-ci ne devait pas être si différend. Son côté sympathique pouvait cacher une terrible personnalité, capable d'étouffer le révolutionnaire dans l'oeuf de par son statut de directeur de Maison. C'était ce à quoi s'attendait le garçon aux boucles d'or, mais il ne le redoutait pas. La seule option qu'il voyait était de se montrer méfiant, et de bien faire attention aux paroles qu'il allait employer. Cette option qui n'aurait pas pu le sauver, mais au moins atténuer les circonstances, fut tout simplement balayée d'un revers de main lorsque l'homme barbu s'exprima après ce qui semblait des heures, en réalité des minutes.

Il s'était relevé entre-temps. Le soleil dans son dos, sa stature se découpait sur la vitre, formant une ombre menaçante et froide s'écrasant sur son bureau bien rangé. Il se tenait bien droit, un peu d'élégance pour remplir son rôle de directeur parfaitement comme il le fallait, le petit effet était là. Stephen ne put s'empêcher de déglutir doucement face à la silhouette du chef des Lions. Son visage situé en contre-jour, impossible pour le blond de distinguer la moindre émotion de là où il se trouvait, rajoutant encore plus de mystère et de tension. Il ne fallait pas laisser croire à ce professeur que le jeune Gryffondor était légèrement effrayé. Non. Le jeune Gryffondor refusait de laisser croire à ce professeur qu'il était tendu. Ce n'était pas acceptable ni présentable, Enjolras était capable de mieux tout de même. Alors pour satisfaire son hôte, le sorcier reprit forme, et se tenant aussi rigoureusement que celui qui lui faisait face, il réfléchit au sens des mots qu'il venait d'entendre. La voix posée du plus vieux l'avait surpris, autant dire que la signification des paroles était passée d'une oreille à une autre sans vraiment prendre le temps de cogiter. Mais maintenant, le bouclé réalisait enfin l'opportunité qui lui était présentée. On lui avait autorisé à répondre, il avait la capacité de débattre et de se défendre. Tout ce qui animait le mage au quotidien, tout ce en quoi il combattait, offert sur un plutôt d'argent.

La proposition était alléchante, et si le garçon de France ne rêvait que de cela, il fallait dire que c'était quelque peu étrange. Pourquoi diable laisserait-il un étudiant prendre la parole envers celle d'un collègue de travail ? Ne lui faisait-il donc pas plus confiance que cela pour que le directeur des félins accorde sa grâce éventuelle à un élève ? Ou bien, se pouvait-il que l'expert en Métamorphose soit quelqu'un d'ouvert d'esprit ? La dernière question était cependant peu probable d'être affirmative, au grand désarroi du plus jeune. D'un côté, le blond voulait y croire dur comme fer. Mais il avait eu assez de problème comme cela aujourd'hui, et cela allait continuer. La motivation s'était tarie, mais pas entièrement. La flamme vacillait et perdait en intensité, mais brillait toujours de cette même ardeur que les yeux du jeune homme. Toujours là, mais cette fois-ci maîtrisée et cachée. Ce feu qui ne quittait jamais le Gryffondor, c'était plutôt saisissant. Rares sont les personnes aussi dévouées que lui, et rares sont ceux qui connaissaient son fond potentiel. Il avait décidé de le taire pour l'instant. Mais suivant ce qu'allait répondre et faire le professeur, peut-être que la flamme allait se raviver, peut-être allait-elle exploser ?

« La parole ? » Enjolras commença de manière abrupte.
« Quand bien même, Monsieur, puisse un élève se défendre ! En quel honneur voulez-vous me voir argumenter ? » Son ton se fit plus amer, mais pas au point outrageant ni insultant.
« Les dires de Monsieur Rogue ne sont-ils pas suffisants ainsi ? Pourquoi ne pas couper court et passer directement à la sentence ? »

Si il avait sonné irrespectueux, le blondinet s'en moquait un peu. Au contraire, il souhaitait être honorable un maximum. Il voulait faire réagir son interlocuteur, et non pas l'offenser. Sa franchise l'avait emporté, sa passion revenant à grand galop. Son visage sérieux lançait un air de défiance, mais non pas un air effronté. Ses orbes froides fixaient l'autre avec une détermination sans faille. Dans ses mots comme dans son corps, le jeune homme se plaça de manière défensive. Pas forcément la meilleur manière d'établir le contact avec un supérieur, mais c'était ainsi que Stephen voulait faire. Réduire l'écart d'inégalité que leur conférait leur statut respectif. Il avait pris des risques à jouer cartes sur tables, le directeur n'allait certainement pas apprécier cet acte de rébellion. Mais de toute façon, le Gryffondor était parti en si bon chemin, il ne pouvait pas s'arrêter ici sans se battre. De ce fait, du visage du blond fleurit un sourire satisfait, prêt pour la suite des événements...

H-RP:
 

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